" L'hypersensibilité"

Mis à jour : 29 juil. 2020

La reconnaitre, la comprendre, vivre avec.



J’allais commencer cet article en évoquant le fait que l'on parle beaucoup d'hypersensibilité en ce moment, mais je crois davantage que c'est moi qui m'y intéresse particulièrement.


Ce qui est certain en revanche c'est que ceux qui parlent d'hypersensibilité sont souvent eux-mêmes des hypersensibles et que, malgré mes recherches, on trouve peu d'écrits, de livres, de podcasts, traitant de ce sujet via le regard d’un « non hypersensible ». Un thème qui lui est davantage évoqué actuellement est la douance, ou haut potentiel, ou encore zèbre, souvent associé à l’hypersensibilité.

Nous ne nous intéresserons néanmoins sur cet article qu’au thème de l’HS ( HS : Hypersensibilité ). Mais il est intéressant de rappeler que, même si souvent l’hypersensibilité est une des caractéristiques de la douance, elle n’est pas systématique. On peut être haut potentiel ou surdoué, comme il était coutume de dire auparavant, sans être HS, et l’inverse est aussi vrai.

Je vais tenter dans cet article de donner à la fois quelques caractéristiques de l’hypersensibilité afin de la reconnaitre, mais aussi la comprendre, et s’y adapter. De récentes études montre que 20% de la population serait hypersensible, ainsi comprendre ce « trait de personnalité » est important ne serait-ce que parce que vous en croiserez forcément dans votre vie, que ce soit parmi vos amis, en couple, ou même parmi vos enfants. Ainsi pour ma part, en m’intéressant au sujet, je me suis aperçu que près de quatre des mes amis étaient hypersensibles, que ma fille l’est certainement, et peut être même mon fils. Dans tous les cas, ce sujet ouvre à une idée que j’affectionne beaucoup : comprendre davantage les personnes qui nous entourent afin de développer des relations plus profondes, de les aider à être plus épanouies et heureuses.


Quelques caractéristiques


Tout d'abord, nait-on hypersensible ? On peut en effet naitre hypersensible ou le devenir dans les premières années de sa vie. Dans tout les cas, l’hypersensibilité n’est pas contenue dans les gènes mais bien dûe à l’environnement. Et cet environnement peut conditionner le fœtus déjà dans le ventre de sa mère. Ce tempérament, cette sensibilité, s’acquiert in utero via les émotions maternelles et les stimulations sensorielles (musique, caresses…) perçues par le futur bébé. Après la naissance, c’est l’attention portée au bébé par ses parents – échanges verbaux, chansons… – qui développera sa réceptivité. Une grossesse ou une enfance difficile (deuil, traumatismes…) exacerbe aussi la sensibilité de l’enfant qui, associée à des événements perturbants, pourra être plus difficile à vivre, teintée d’anxiété. Cependant, une enfance heureuse, sans troubles évidents, n'exclue pas de développer une très forte sensibilité.


Les hypersensibles ont une importante prédisposition à percevoir des émotions, les leurs comme celles des autres, mais aussi les bruits, les odeurs, la luminosité, l’ambiance… L’hypersensibilité peut aussi se manifester par une forte réactivité à la douleur, aux médicaments, aux allergènes… On peut avoir un ou plusieurs domaines d’hypersensibilité, rarement tous à la fois ! Ici nous nous attarderons sur sa forme la plus intéressante, l’hypersensibilité émotionnelle.


Parce qu’ils sont attentifs à un bruit qui ne gêne personne, à un rictus de leur interlocuteur, aux émotions et énergies qui se dégagent des autres, des informations multiples qu’ils essaient de décoder dans l’instant, ce qui exige une importante activité cérébrale, les hypersensibles se fatiguent vite et ont ainsi besoin de s’accorder fréquemment de courts moments de repos.

D’un point de vue extérieur, cela peut être surprenant quand ce n’est pas expliqué. En effet l’hypersensible va par exemple passer trois heures euphoriques avec un ou une amie, mais s’isoler complétement le soir dans ce qui pourrait ressembler à un coup de blues ou du mutisme. Il est en fait comme votre Iphone. Il est magique, permet de faire un million de choses et gère plusieurs applications en même temps, fonctionne et reste en éveil même quand vous ne le voyez pas, mais il se décharge très vite. Alors tout comme l’HS, il faut le laisser se recharger, en mode avion pour que cela aille plus vite.


De même, une personne hypersensible pense trop et est souvent submergée par ce flux de pensées. Choisir une activité qui la rend heureuse va lui permettre de calmer son esprit et de bien moins focaliser sur une idée. Cela peut être le sport, les jeux vidéos pour certains (même si, attention, ils sont gourmands en énergie), la chanson, la danse, ou la couture. Se concentrer sur une tache minutieuse nécessitant une grande concentration aide en effet l’esprit à s’apaiser. Mais il peut aussi s’agir simplement de s'assoir devant l'océan pendant plusieurs minutes.

Écrire aide aussi énormément. L’écriture oblige à structurer ses pensées, à les organiser. Elle permet aussi de les sortir de son esprit en les couchant sur le papier. Ainsi, tenir un journal quotidien ou avoir un bloc de papier toujours à disposition est un bon réflexe.

Beaucoup d'hypersensibles sont aussi hyper-empathiques. Ils sont par nature enclins à aider, à aimer, à donner, mais trop souvent aux dépens de leur propre bien-être. Des études montrent que leurs neurones miroirs, les cellules cérébrales responsables de la compassion, sont hyperactifs et peuvent mener à un épuisement émotionnel. Il est donc important pour eux d'en prendre conscience, mais aussi de fixer des limites pour préserver leur énergie, sans se laisser envahir par les émotions et angoisses des autres.


L'hypersensibilité, un océan de pensées


On pourrait à tort considérer l’hypersensibilité simplement comme une sensibilité accrue ou exacerbée, et c’est une erreur fondamentale. C’est en réalité bien plus que cela. L’esprit d’un hypersensible fonctionne réellement différemment par rapport à un esprit disons « classique » même si le terme est inapproprié. Un cerveau moins sensible laisse plus de place à la raison et au rationnel, quand le cerveau hypersensible va laisser davantage de place à l’émotion, au ressenti.


Le premier se ferme ainsi des portes, mais parvient à se structurer plus aisément. Le second lui s’ouvre à des chemins fantastiques, mais a aussi plus de mal à se borner, à ne pas être submergé, à fixer des repères et des limites, même si bien sur tous les hypersensibles sont évidemment différents et que ces points peuvent être « travaillés ».


J’ai longtemps cherché un exemple pour imager cela, et celui qui me semble le plus approprié est celui du lac, de la mer et de l’océan.


Un lac est une étendue d’eau entourée de terre, à l’intérieur d’un continent. Une mer est une plus vaste étendue d’eau salée, entourée de côtes, souvent ouverte sur un océan. L’océan est lui bien plus ouvert et n’a de limites que les continents, qui n’en sont d’ailleurs pas vraiment.


Un esprit disons « classique » serait tel un lac. Même si le vent, les mouvements des hommes, son environnement, les pluies, etc peuvent le faire changer d’état légèrement, entrainer un léger clapot, il ne subit que peu de variations.

La mer pourrait être associée à un esprit sensible. Un esprit ouvert qui peut subir les variations du temps, de la lune par exemple, qui est capable aussi de faire quelques vagues, mais qui garde des limites assez définies.

L’océan représente l’esprit d’un hypersensible et ses émotions. A l’inverse d’une mer, les limites qui bordent son esprit sont vastes. La lune fait considérablement varier ses marées, ses vagues sont gigantesques et peuvent lors d’une tempête retourner le plus solide des navires. Un tressaillement de la terre de quelques centimètres en son plancher peut provoquer un gigantesque tsunami d’une puissance incroyable à plusieurs milliers de kilomètres. Des courants d’une extrême puissance, chauds et froids le parcourent sans cesse. Voilà à quoi pourrait ressembler l’esprit d’un hypersensible.

Pourtant tout comme un océan, l’hypersensible peut paraitre extrêmement calme en surface même quand de puissants tourments l’habitent. Et il est d’ailleurs important de rappeler que l’on pourrait avoir à tort l’image d’un hypersensible comme d’une personne extrêmement timide, réservée ou faible, au vu de cette sensibilité accrue. Mais il n’en est rien. Il y a autant d’hypersensibles que de personnalités, intro ou extraverties, comptables ou artistes, dirigeants d’entreprises ou chanteurs, même si, au vu de cette sensibilité, ils auront plutôt tendance à s’orienter vers des métiers créatifs. Du fait de cette particularité, l’HS peut aussi avoir du mal à se trouver, à s’orienter dans le monde professionnel tant son esprit peut être envahi de milliers de pensées, entre ce qu’il pense être, voudrait être, aimerait être, croit devoir être, etc … Le comprendre, dans le monde du travail, ou quand votre enfant est hypersensible, vous aidera à faire preuve de bienveillance et de compréhension lors de l'orientation par exemple.


Pour les HS comme pour l’entourage, apprivoiser cette sensibilité permet de découvrir les qualités humaines qui se cachent derrière cette fragilité apparente. Les hypersensibles sont très empathiques, très créatifs et font souvent preuve d’intuition. Ainsi dans une famille, un couple, mais aussi dans une entreprise, ils sont une réelle valeur ajoutée à partir du moment où on leur laisse une zone de confort où s’exprimer avec un sentiment de sécurité.

Un point important doit être souligné. L’hypersensibilité ne définit pas une personne, de même que le fait d’être gaucher vous différencie simplement d'un droitier. L’environnement, l’éducation, l’enfance et ses éventuels traumas, le travail, les relations, sont autant de facteurs qui vont influencer la personne pour la faire devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Mais prendre conscience de cette hypersensibilité pour elle comme pour son entourage lui permettra de s’adapter plus facilement aux autres et à l’environnement, tout comme un gaucher dans un monde fait pour les droitiers.

La sensibilité, une force avant tout


En réalité, un des problèmes majeurs vient du fait que nous vivons dans un monde qui tait notre sensibilité, qui la montre comme une faiblesse, alors qu’il devrait la sublimer et l’inciter. Nous éduquons et apprenons à nos enfants à être fort, parce que la vie est dure. Pourtant, la sensibilité est une caractéristique puissante, elle permet la souplesse, la créativité, elle aide à développer plus facilement du lien social, invite à une ouverture d’esprit plus large à d’autres domaines, à d’autres phénomènes, un lien avec le corps plus puissant et avec des sujets qui semblent difficiles à imaginer, notamment un rapport à l’énergie dégagée par les personnes, par la terre.


En effet, l'hypersensible possède une connexion innée à la spiritualité et au monde naturel. Il va littéralement, j’en ai fait l’expérience, ressentir pleinement votre émotion comme si elle était sienne. Telle une éponge, il ou elle va aspirer votre émotion, qu’il s’agisse de joie, de peine, de fatigue ou de mal être. J’avais pour ma part beaucoup de mal à imaginer cela, à le projeter, à le concevoir comme réel. Et c’est un truc tout bête qui m’y a aidé.

Je regardais la série "Chernobyl" (incroyable série d’ailleurs). Vient un moment où un pompier saisit un morceau de graphite, l’espace de quelques secondes, puis le rejette au sol. Après une poignée de minutes, la radioactivité présente dans la matière, qui s’était transférée dans son corps, envahissait complétement ce dernier, brulant sa peau, s’infiltrant dans sa chair, son sang, jusqu’à en modifier les atomes, les cellules et même altérer son ADN.

Je trouvais cela réellement fou ce pouvoir qu’ont les atomes, mais aussi cette énergie qui se transmet dans les corps, dans l’air, dans les matières, et que pourtant on ne voit pas. Et en même temps, cela m’a ouvert sur cette réalité. Des énergies sont là, et peuvent être puissantes, même si nous ne les distinguons pas.


Tous, nous possédons et diffusons une énergie, des ondes, une aura, qui varient en fonction de notre état. Certains animaux par exemple sont capables de détecter une maladie chez un homme, alors que rien n’est visible. Les hypersensibles eux, ressentent les énergies, au même titre qu'un appareil capable de discerner ou non la présence de radioactivité, ou comme une radio qui réagirait à la présence d’ondes, les capterait et les traduirait en son. Et ce n’est pas parce que nous ne le voyons pas, ou ne le ressentons pas, que cela n’existe pas. Certains développent ainsi cette faculté pour en faire un don, de voyance, de mentaliste ou autre. Les hypersensibles vont par exemple ressentir aussi la vibration d’un lieu, d’une situation, d’un chiffre parfois. C’est inné en eux. En réalité, je crois même que c’est en chacun de nous, juste particulièrement développé chez les hypersensibles. Nous avons simplement, à force d’évolution et de privation dans un monde aseptisé et sur-connecté, oublié pour la plupart notre sensibilité profonde, et notre lien à ces énergies, à la terre. Si cette voie vous intéresse je vous invite d’ailleurs à lire " réveillez le chaman qui est en vous " d’Arnaud Riou qui est une belle ouverture à nos facultés perdues.


De ce fait, au vu de cette sensibilité aux énergies, les hypersensibles ont naturellement besoin de relations profondes et honnêtes. Puisqu’ils ressentent les émotions de l’autre, comme nous l'avons évoqué plus haut, ils sont aussi souvent Hyper-empathiques. Mais cela peut aussi être à double tranchant. Un médecin explique : « l’un des principaux inconvénients de l’empathe réside dans le fait qu’il peut refouler ses émotions et se construire des barrières émotionnelles pour que les autres ne connaissent pas ses pensées intimes et ses sentiments ». Ainsi, tout comme un joueur de poker va cacher ses émotions, car il sait qu'elles peuvent le trahir au regard de ses adversaires, tout en cherchant à déceler celle des autres afin d'ajuster son jeu, de même un empathe peut, par peur d’être lui aussi à nu devant son interlocuteur et donc vulnérable, masquer et cacher complètement ses émotions et sentiments profonds. Il va revêtir plus facilement des masques en société pour se protéger et cacher sa vulnérabilité, c’est aussi pour cela qu’il peut être difficile à discerner et à cerner.


Sécurité et hypersensibilité : offrir un cadre d'expression


Ainsi, pour communiquer aisément et librement, un hypersensible, hyperémotif et hyper empathique, a besoin d’un très fort sentiment de sécurité. Il a besoin d’être certain qu’il ne sera pas jugé. Il devra être certain que ce qu’il va dire, exprimer, ne sera pas ensuite utilisé contre lui ou elle pour lui faire du mal, car il connait l’impact que cela peut avoir sur sa confiance en lui ou elle.

Encore une fois, l’histoire de la personne et son environnement, la manière dont elle a été éduquée et élevée, est une part considérable dans la manière dont elle apprivoise cette hypersensibilité, dans sa manière d’exprimer ses sentiments, d’accepter ou non cette sensibilité, de l’exprimer ou de la refouler.

L'hypersensibilité c'est comme un moteur puissant, un V8 de 500cv. Si vous le placez dans une voiture qui n'est pas équipée, une petite twingo par exemple, mal entretenue, dont les freins, la direction, le châssis, ne sont pas adéquats, le résultat le plus probable sera de finir dans un mur ou de devoir avancer très prudemment pour éviter l'accident. À l’inverse, si tout les accessoires autour sont réunis, dans le bon véhicule, vous pouvez gagner les 24h du Mans. Le travail de l'HS, ou de ses parents s'il s'agit d'un enfant, c'est de réunir tout les accessoires nécessaires autour de cette hypersensibilité pour pouvoir la maitriser et en faire un véritable atout.


Le rôle des parents est ainsi primordial : encourager cette sensibilité plutôt que de la réprimer.

Le plus important est de soutenir avec bienveillance et d’inviter votre enfant à s’exprimer au moment opportun. Les hypersensibles pleurent facilement et beaucoup. C’est un moyen pour eux d’évacuer et de réguler leur surplus d’émotion. Expliquez à votre enfant que c’est normal, que cela lui permet de faire sortir ses émotions, que ce n’est pas de la faiblesse, mais bien une force. Accepter ses émotions dans un monde où tout le monde en est empli mais les tait est une marque de courage et doit être valorisé. Il faut ensuite apprendre à l’enfant à dompter cette émotivité pour parvenir à ne pas être submergé. Entrainer son esprit à canaliser ses pensées, à ne pas suralimenter, à ne pas interpréter.


Un psychiatre explique : " Le principe est le suivant : aider la personne hypersensible à mentaliser ses émotions, ses intentions et celles d’autrui ".

" En effet, une grande part du mécanisme de l’hypersensibilité dans les situations interpersonnelles réside dans la difficulté à attribuer à autrui des intentions correctes ".

Ainsi, les intentions de l’autre ne sont pas claires et souvent vécues d’une façon méfiante. Le patient vit le lien à l’autre comme hostile ou animé de mauvaises intentions. Une thérapie peut permettre au patient hypersensible d’expérimenter des relations interpersonnelles apaisées en l’amenant à donner une lecture fiable des intentions de l’autre. »

Rappelez-vous l’exemple du tsunami. Un hypersensible est capable d’inonder son esprit et de déclencher un réel cataclysme sur un idée toute bête du style « il me fait un bisou chaque matin et ce matin non ». et là d’un petit grain de sable va se développer, via une pensée en arborescence, une multitude de raisonnements fondés pour la plupart uniquement sur de l’interprétation, sur-analysant même et le reliant à d’autres évènements sans lien. L’HS peut même créer de fausses émotions ou bien des ressentis pour interpréter une situation donnée et valider son idée. Mais n’oubliez pas, l’esprit est comme un cheval, s’il peut s’emballer, il peut aussi être calmé par des soins bienveillants. On peut aussi apprendre à un étalon à trotter sans jamais passer au galop, alors que cela n’a rien de naturel pour lui. Mais tout cela demande de l’entrainement, et plus tôt l’on commence mieux c’est. Il en va de même avec l’esprit d’un hypersensible. L'identification de cette caractéristique, la prise de confiance et la communication sont essentielles pour vivre d'une manière épanouie avec un hypersensible. Ne nous mentons pas, pour une personne "non hypersensible", cela peut être parfois épuisant tout autant que pour l'HS. Sans cesse il faut rassurer. L'hypersensible, par peur du conflit, a de plus tendance à ne jamais exprimer ses besoins ou envies. Toutefois, en créant un climat de sécurité et de bienveillance, avec une personne en face désireuse d'avancer et consciente des efforts que vous faites-vous aussi pour la comprendre, cela peut se transformer en un lien puissant et épanouissant pour tous, parents, enfants, hommes et femmes.


Dans une relation de couple, d’amitié, il est impératif que les deux parties fassent preuve de compréhension, l’une envers l’autre, et de beaucoup d’écoute. L'HS doit lui aussi accepter et comprendre que l’autre ne raisonne pas comme lui ou elle. Il ou elle doit intégrer le fait que si elle désire être compris(e), l’autre aussi.


Les personnes très sensibles peuvent apporter beaucoup et ont souvent d’ailleurs des missions de vie qui peuvent changer en partie le monde ou aider leur entourage, mais elles doivent pour cela prendre confiance en elles, cesser de se victimiser, et considérer l’hypersensibilité comme une force. Elles pourraient même se donner pour mission de permettre à des personnes moins sensibles d’accepter et d’exprimer cette sensibilité, tout en étant tolérantes envers celles qui le sont moins, ou qui n’y parviennent pas.


Il faut faire des efforts pour comprendre un HS, comprendre qu’il est souvent sur-exposé et que ses ressentis intenses lui demandent de s’accorder des moments de calme et de repos plus importants que la plupart d’entre nous, comprendre qu’il a du mal à exprimer ses émotions, à mettre des mots dessus, comprendre qu’il a souvent besoin de plus de temps que les autres pour prendre une décision, qu’il a besoin de beaucoup écrire, de beaucoup parler. L’ hypersensible doit lui aussi faire des efforts pour expliquer cette sensibilité, mettre des mots précis dessus, verbaliser ses sentiments, ses besoins, ses limites, ou sa difficulté à en poser. Qu’il s’agisse de collègues, de parents, d’amis ou encore plus d’un conjoint, expliquer ce qu’englobe l’hypersensibilité est primordial, se faire accompagner, essentiel. Ensuite, que la personne en face comprenne, accepte, ou pas, est un autre problème. Mais avant tout cela, il faut déjà être conscient de cette hypersensibilité et savoir mettre des mots, un nom, sur des sensations, des ressentis, des émotions, ce qui peut être difficile pour un enfant, et là encore, l’ouverture d’esprit des parents compte pour beaucoup.


Des tests existent. Une consultation peut aussi être nécessaire, voir indispensable pour beaucoup afin de gérer ce flux d’émotions et être soutenu.


Pour les hypersensibles, devoir se battre quotidiennement contre leur sensibilité est épuisant.

" Le risque, c’est de ne plus rien exprimer, ou pire, parvenir à ne plus ressentir. C’est alors une source supplémentaire de souffrance " déplore Saverio Tomasella.

La sensibilité est comme le renard du Petit Prince. Elle ne demande qu’une seule chose : être apprivoisée. « Plus nous avons l’habitude de l’exprimer, plus elle devient une amie, une compagne fidèle. Il faut accepter de vivre ses émotions sans chercher ni à les exhiber ni à les brider, mais en assumant qu’elles puissent se voir, conseille le psychanalyste. Et surtout, ne pas culpabiliser lorsqu’elles nous débordent, c’est ce qui fait notre humanité. Il existe également un enjeu social. Les autres, qui n’osaient pas, s’autoriseront alors à en faire autant. C’est une manière de montrer l’exemple ».


Ainsi, peut être qu'un jour nous saurons davantage exprimer notre sensibilité, l'assumer, et retrouver ainsi une meilleure connexion entre les hommes et leur environnement, mais aussi avec nous même.



Conseils de lecture :

"je pense trop" de Christel Petitcolin

"Hypersensible et épanoui" de Judith Orloff

"Réveillez le chaman qui est en vous" de Arnaud Riou


Film :

"Vice - Versa" de Disney


Podcast :

"Le Bla Bla dans ma tête"

https://podcast.ausha.co/le-blabla-dans-ma-tete

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