" La quête de soi"

Être vraiment soi-même, se trouver, être soi. Qu’est-ce que cela signifie ? Comment y parvenir ?


On entend beaucoup parler depuis ces dernières années de quête de soi.

Être vraiment soi-même, se trouver, être soi. Qu’est-ce que cela signifie ? Comment y parvenir ?

Interrogeons-nous ? C'est quoi « être soi ». qui est ce "soi" et ou se trouve t'il ? Cela voudrait-il dire qu’il existe une sorte de "moi" véritable et que ce que nous laissons paraitre n’est qu’une enveloppe, pleine de convenances ou de schémas, de mécanismes liées à notre société, aux autres, à notre enfance, etc ... ? Comme si en quelques sorte, en retirant toutes ces couches, ces enveloppes, on atteindrait une forme d’essence de soi ?

Autant couper court tout de suite.

Il n’existe pas de « moi » intérieur caché duquel vous devez vous rapprocher et auquel vous devez tendre. Il n’y a aucun moyen d’y parvenir puisqu’il n’y a là pas de but à atteindre.


« Il n’y a pas moyen de sortir de l’ordre imaginaire. Quand nous abattons les murs de notre prison et courons vers la liberté, nous courons juste dans la cour plus spacieuse d’une prison plus grande. » Yuval Noah Harari

L’homme a sans cesse besoin d’objectifs. Tous autant que nous sommes nous « avançons » car nous avons besoin d’avancer. Nous sommes des êtres, un peuple en mouvement, un peuple créatif, qui a besoin de se donner des buts et objectifs pour se motiver et réussir. Dans notre société aujourd’hui, les objectifs sont sans cesse plus élevés, la quête de performance est sans limites. Il faut toujours mieux, toujours plus, comme si une sorte de perfection devait et pouvait être atteinte.


Ainsi, consciemment ou inconsciemment, on cherche à parvenir au meilleur de soi, ou à une meilleure version de soi, que ce soit en société, dans le travail, les affaires, ou bien tout simplement pour nous même, dans une démarche honnête de développement personnel ou de quette de sérénité. On veut être quelqu’un de bien, quelqu’un de mieux. Quelqu’un de plus proche de ce qu'il est vraiment, comme une quête d'une essence plus pure, plus vrai, plus authentique.

Mais pourquoi ? par rapport à qui ? à quoi ? à quelle échelle de valeur.

Vous êtes-vous, aujourd’hui, hier et demain


Vous êtes-vous. Un être en perpétuel mouvement, qui change chaque jour.

Vous êtes la somme de vos expériences de vie, la somme de vos rencontres, de vos amis, de vos proches, les livres que vous avez lu.

Il n’y a rien à retirer, à nettoyer ou à réparer pour arriver à votre vrai vous. Il est là, juste devant vous.

Le présent, le « je suis » est si éphémère qu’au moment même ou vous le prononcez, vous avez déjà changé.


Imaginez que vous regardiez de vieilles photos de vous, adolescent. Peut-être aviez-vous des piercings, une coupe de punk avec des cheveux roses, un style de rappeur, ou peu importe, en tout cas un style qui, diriez-vous aujourd’hui, « ne vous ressemblait pas », vous pourriez même dire « je me cherchais » à l’époque.

Mais quand vous dite que ce style « ne nous ressemblait pas » c’est parce qu’il ne ressemble plus à la personne que vous êtes devenu aujourd’hui, et cela pour de multiples raisons.

Mais ce style plaisait et convenait à votre "vous" de l’époque, et une part de cette personne subsiste encore aujourd’hui. Peut être ce style vous aidait à vous fondre dans un groupe, ou à marquer votre différence, votre rejet de la société. C'est une partie de vous qui s'exprimait. Quand on dit « je me cherchais » c’est vrai d’une certaine façon. En revanche vous ne cherchiez pas un "vous" précis, une essence de vous. Vous tentiez des formes de vous, pour petit à petit, inconsciemment, comprendre que vous ne pouviez pas être un seul "vous", mais que votre être complet est composé de multiples facettes et d’expériences.

Nous sommes tel des arbres. Nous présentons au monde notre écorce, notre couche protectrice formée au fil du temps par nos multiples expériences, nos besoins de protection des attaques extérieures, notre façade, notre carapace parfois. Peu importe où nous en sommes dans notre vie, nous avons cette écorce, cette couche extérieure.


Comment se forme t'elle ? Lorsque un arbre pousse, les cellules les plus anciennes du liber et du rhytidome se décalent vers l'extérieur et deviennent l'écorce. Celle-ci tombe peu à peu et se décompose au sol. L'écorce est ainsi renouvelée en permanence.

Il est intéressant de noter que les jeunes arbres en sont dépourvus, l’écorce apparaissant dans la période de croissance secondaire de l’arbre.


Il en est de même pour nous. Notre "moi" est sans cesse en changement. Nous en sommes dépourvus enfant car nous n’avons pas encore besoin de protection, ce rôle étant normalement assumé par nos parents, ni besoin de façade à présenter aux autres, à l’extérieur. C'est aussi pour cela que les blessures de l'enfance sont particulièrement vives et marquantes, pour un arbre comme pour nous.


Rapidement, tout comme le jeune arbre, les composantes de notre personne à ce moment là, expériences, blessures, joies, éducation, vont façonner et créer cette première couche protectrice qui sera l’image extérieur de notre "moi" à l'intérieur. Les années passant, sans cesse, jours après jours, années après années, nous allons renouveler cette écorce en fonctions de nos expériences de vies, de ce que nous apprenons, de nos interactions, de ce que nous vivons.


Alors quid de notre « moi intérieur » ? Et bien tout comme l’arbre n’est pas creux, nous ne le sommes pas non plus. Vous savez probablement que l'on peut définir l'age d'un arbre grâce aux stries qui composent son tronc. Chaque strie correspond à une année de croissance.

On peut même voir très distinctement et différencier les années difficiles ou peu ensoleillées, les hivers rigoureux, les phases de croissance rapide ou au contraire plus lente, grâce à la largeur de ses anneaux.

L’arbre garde tout en mémoire, sa forme, ce qu'il est, ce qu'il présente au monde est la somme de toutes ses expériences, tout comme nous.

Alors que pouvons nous changer ?

Votre écorce, ce que vous présentez de vous au monde, mais pas que.


Nous sommes la somme de nos rencontres, de nos expériences, de nos blessures et de nos joies. Tout comme le chêne, nos épreuves nous ont rendus plus robuste, mais elles nous ont surtout fait grandir et nous ont nourrit.

Elles ont façonné notre personnalité et vont continuer à le faire.

Commençons par l'accepter.

Ensuite l'arbre forme l’écorce avec ce dont il se nourrit. Nos rencontres d’aujourd’hui, nos lectures, nos choix vont continuer à nous nourrir eux aussi et à nous constituer. Ainsi, petit à petit notre écorce changera et s’adaptera.

Nous n’avons certes que peu d’incidence sur les événements qui surviennent dans notre vie, sur les rencontres que nous allons faire, mais nous pouvons choisir de les accueillir et de grandir auprès de chacune d’elles. Nous pouvons aussi choisir de fréquenter ou non certaines personnes, certains milieu. Rompre avec des amitiés qui ne conviennent plus à notre "moi" d'aujourd'hui ou à celui que nous aimerions être demain.


Un arbre n’est pas qu’un tronc et une écorce.


Ce sont aussi des feuilles et des fruits, une ombre rafraichissante en été, une protection contre le vent parfois, une certaine beauté et majesté, un être vivant.


Il interagit avec son milieu, et avec les congénères qui l’entourent. Il trouve ses nutriments dans la terre mais la nourrit en retour. C’est ce sur quoi nous pouvons œuvrer. Il y a des multitudes d’arbres, tous bien différents. Chacun existe pour différentes raisons, ses bienfaits, ses propriétés, ses qualités, l’ombre qu’il apporte, ses fruits, sa résistance …


De même, certaines personnes sont des protecteurs, d’autre apportent ombre et quiétude, certains sont rafraichissants, d'autres inspirants, appréciés pour leur bienfaits ou pour leurs fruits, d’autres particulièrement robustes.

Trouvons à quel type d'arbre nous ressemblons ou voudrions ressembler peut être un bel objectif.

Notre "je serais" est ainsi plus important et surtout accessible qu'une quête finalement impossible du "qui suis-je".


Alors souvenez vous.

Vous êtes-vous. Aujourd’hui, hier et demain.

Déjà depuis le début de la lecture de cet article, vous avez changé.

Mais vous êtes toujours vous, et c’est très bien comme cela.


Continuez à apprendre, à surprendre et à vous surprendre, affrontez vos peurs mais ne reniez pas votre histoire, vos blessures et votre part d’ombre. Aimez et vivez, soyez rafraichissants, inspirants, prenez soins de vous, et de tout ceux qui vous entourent.


Toutes ces expériences de vie vous appartiennent, et vous font pleinement vous, aujourd’hui et demain.



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