" Pourquoi suis-je malheureux ? "



Depuis plusieurs jours, plusieurs semaines même, je souhaite écrire sur deux thèmes assez profonds que sont « le bonheur » et « le sens de la vie » et pour être tout à fait honnête, je n’y arrive pas du tout.


Alors je me suis interrogé sur le pourquoi. Pourquoi je souhaitais écrire ces deux articles.

Tout simplement parce que je cherche des réponses à ces deux questions. Qu’est ce que le bonheur et comment être heureux ? Quel est le sens ou le but de notre vie sur terre ? La plupart des réponses que je trouvais en faisant des recherches ne me convenait pas vraiment. Alors je me suis demandé pourquoi j’avais besoin de réponses, là, maintenant, aujourd’hui en particulier ?

Parce que je suis particulièrement malheureux.


Alors, au lieu de chercher comment être heureux, j’ai fait le choix de prendre un autre angle d’attaque pour cet article en me demandant : Pourquoi suis-je profondément malheureux ?

Mon exemple n’est pas une référence en soit mais je me dis que cette approche, ce raisonnement , peut vous aussi vous amener vers vos propres réponses.

C’est une sensation étrange que d’être malheureux, une sensation de vide intense, d’envie de rien, d’espoir en rien, et du coup de questionnement. C’est un mal-être qui vous envahit, comme une forte fièvre, il emplit votre corps. Pourtant je ne parviens pas à pleurer, et je ne suis pas à proprement parlé en dépression. Je suis « juste » malheureux.

Alors je me questionne sur la source de ce mal-être.


Facile ! La première piste serait évidemment ma rupture récente avec une femme que j’aimais réellement. En effet, j’écrivais dans un petit carnet début janvier que tout allait pour le mieux dans ma vie, et que j’étais réellement heureux. Qu’au niveau professionnel tout allait globalement bien, j’avais décidé de reprendre des études, cela me rendait plein d’espoirs pour la suite. Je me sentais bien, la vie était belle. Certes je trouvais que mon amoureuse passait une période un peu difficile, que j’avais du mal à la comprendre mais que je lui laissais du temps pour elle et que cela irait bien. Vivre à ses côtés me rendait profondément heureux et me fournissait un sentiment de plénitude dans ma vie que je n’avais jamais connu avant. A l’inverse du sentiment de vide que je ressens aujourd’hui, je me sentais à ce moment là emplit d’une énergie à la fois puissante et douce, un vrai sentiment de bonheur. Quelques jours après elle à décider de stopper cette relation. Et là mon monde s’est comme écroulé. Pourtant, ce n’était qu’un seul des éléments que j’avais listé qui me rendait profondément heureux. Certes probablement le plus important, mais tout de même, pleins d’autres éléments dans ma vie étaient sources de bonheur. J’étais heureux avant de la rencontrer, elle n’est ni venue combler un manque, ni me sauver. Pourtant, cela me rendait profondément malheureux.

Il serait facile de penser que c’est cette rupture tout simplement qui aujourd’hui me rend malheureux, que cela va passer, que le temps va faire son œuvre, que je vais passer à autre chose et que cela ira mieux. Mais à y réfléchir, ce n’est pas aussi simple, et une partie de moi le sait. En prenant temps et recul, en étant honnête avec moi-même, j’arrive à discerner qu’en réalité, je n’étais déjà pas heureux, et que cette rupture n’a fait que mettre en évidence tout le reste.

Je me demande même si inconsciemment je ne l’ai pas provoqué, un peu comme un auto-sabordage.

Il y a quelque chose d’assez difficile dans le fait d’être un enfant qui a manqué d’amour.

Vous pensez automatiquement que si on ne vous a pas aimé, c'est parce que vous ne le méritiez pas. C’est un sentiment étrange.

Intellectuellement, je parviens à intégrer l’idée que l’on puisse m’aimer, mais mon inconscient lui voit cela comme un mensonge. Alors évidemment, quand une femme me quitte, c’est une victoire pour mon inconscient qui prend dans ce cadre là la voix de ma mère victorieuse qui me dit « tu vois, tu ne mérite pas d’être aimé et c’est pour ça qu’elle te quitte, parce qu’elle a vu qui tu étais vraiment ». C’est un sentiment assez difficile car il fonctionne comme un cercle vicieux. Vous finissez par vous convaincre que cela est vrai, voir même à provoquer des choses pour que cela s’avère vrai.

L’autre problématique lié à une enfance avec un manque d’amour est que vous acceptez les autres tel qu’ils sont, parce que vous auriez aimé que l’on vous accepte vous aussi tel que vous êtes. Vu comme cela, on pourrait penser que c’est une qualité et d’une certaine manière oui. Mais en réalité, c’est pathologique. C’est parce que vous ne vous aimez pas que vous réagissiez comme cela.

Je m’explique : Si vous ne pensez pas mériter d’être aimé, vous ne pensez pas non plus mériter votre propre amour. Alors vous aimez fort tout comme vous auriez aimé que l’on vous aime. Cela peut vous faire parfois accepter des choses que vous n’auriez pas accepté normalement, vous pardonnez à l’autre comme vous auriez aimé que l’on vous pardonne, vous comprenez comme vous auriez aimé que l’on vous comprenne. Cela ne peut pas fonctionner, parce que vous avez une si basse estime de vous-même qu’évidemment tout peut s’écrouler à tous moments. Le moment ou cette personne ne vous aime plus, cela vous renvoie à nouveau à vos traumas les plus profonds.

Prendre conscience de cela est primordiale pour déterminer la source du problème et le régler, autrement il ne fera que se répéter.


Viens ensuite le moment ou vous vous interrogez sur tout le reste, et ou vous vous rendez compte que depuis des années vous ne vous écoutez pas. Peut-être même depuis toujours.


Il y a un moment où il faut faire le point sur sa vie, honnêtement. Où est-ce que j’en suis ? Est ce que ce que je fais correspond à mes valeurs, à mon enfant intérieur, à mes besoins profonds. Suis-je le capitaine du navire de ma vie, fixant mon cap et le gardant, ou bien est-ce qu’une tempête m’en a détourné, et que depuis, je me laisse porter ?

Cette interrogation est essentielle et il est important de la faire honnêtement avec le plus de recul possible. Pour ma part, elle m’a permis de me rendre compte que je me mentais à moi-même et que mes choix ne reflétaient pas ce que pourtant de défend au plus profond de moi, ce qui me tient à cœur. Je tentais de m’en accommoder, je m’inventai des excuses à moi-même. Le manque d’amour, le besoin de reconnaissance, la peur, vous amène parfois à prendre des directions qui en réalité sont à l’opposé de vos valeurs et de vos envies profondes. A partir du moment où vous acceptez cela, vous vous trahissez vous-même et vous ne pouvez ni vous aimer, ni être heureux.


Alors, consciemment ou inconsciemment, vous allez prendre des palliatifs à ce bonheur, pour oublier et accepter. Pour ma part je me suis rendu compte que c’était l’alcool qui jouait ce rôle, qui m’aidait à oublier tout cela, comme une béquille, comme un substitut, et un anesthésiant à ce profond mal-être pourtant difficilement visible de l’extérieur.


Par peur, ou par facilité, je n’avais pas le courage d’effectuer de profonds changements dans ma manière de vivre afin d’être plus en phase avec mes valeurs, mes besoins et mes envies. Peur de ne pas y arriver, peur de ne pas m’en sortir financièrement, peur du regard des autres, de ne plus être aimé. Cela demande beaucoup plus de courage qu’on ne le pense de changer tout ce que vous êtes, ou faite semblant d’être, tout ce que vous faites, tout ce pour quoi vous êtes ou pensez être apprécié, simplement pour être en phase avec vous-même.


Rompre avec de mauvaises habitudes, des schémas, abandonner certaines amitiés qui ne vous tirent pas vers le haut, changer votre manière de penser, de parler même, ne plus faire semblant, ne plus mentir, changer radicalement de job, reprendre des études, se faire soigner, s’écouter, demande bien plus de courage que l’on ne croit. C’est comme un saut sans filet de sécurité, mais ceux qui l’on fait pourrons vous dire à quel point c’est gratifiant et épanouissant.


Je ne suis qu’au début du chemin mais j’avais envie de partager ces quelques pensées avec vous ce soir.


N’hésitez pas à m’écrire sur Instagram ou par mail, si vous avez des questions, besoin d’aide ou juste de parler. Je ne suis ni coach ni médecin c’est vrai, mais si je peux aider à trouver en vous une petite force je le ferais avec plaisir.

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