"The end"



Plus je travaille sur moi, plus j’avance dans la vie, et plus je me rends compte que je n’ai besoin que de peu pour être heureux, tout du moins pour ne pas être malheureux.


Si peu même que la plupart des choses m’encombrent aujourd’hui.


Il y a quelques mois j’ai emménagé dans un appartement de 30m2 pour reprendre des études de cinéma. Et à ma grande surprise je m’y sens terriblement bien, peut-être est-ce même un des appartements que je trouve le plus agréable et confortable. D’abord parce que j’ai respecté mes deux priorités : de la lumière et du calme. Et même si d’autre critères ne me convenaient pas au départ, ils se sont finalement révélés anecdotiques.

Mais c’est finalement sa surface réduite qui le rend si agréable.


En effet, au vu du manque de place, j’ai dû optimiser chaque espace, les structurer tout en les rendant agréables et épurés. Ainsi, chaque objet a une raison d’être. Seul l’essentiel est présent et cela apaise mon esprit. Que ce soit une fonction précise ou un apport en terme de confort, de décoration, chaque objet a un sens.


Je réalise que j’ai besoin dans ma vie aussi de retirer le superflu. Ce qui ne m’apporte que peu, ce qui est chronophage, sans but réel ou apport, ce qui puise mon énergie pour peu de résultat doit être évacué afin que mon esprit reste focalisé sur l’essentiel. Une sorte de quête de paix intérieure peut-être, mais surtout de désencombrement je crois.

Lorsque je crée, je recherche là aussi la quintessence. Je n’aime pas l’excès, j’aime aller à l’essentiel. Une œuvre est puissante à mon sens quand elle exprime beaucoup avec très peu.

Cela me fait m’interroger sur ma vie. Cette ouverture sur moi-même en début d’année, cette acceptation de ma sensibilité que je tentais jusqu’alors de masquer, m’a pour un temps affaibli à vrai dire.


Mon esprit qui déjà était hyperactif fonctionne aujourd’hui à plein régime et cela m’épuise.

L’ineptie de notre monde dont je faisais fi de me moquer auparavant me touche aujourd’hui en plein cœur, supprimant chez moi toute motivation. Les petites causes, les petits soucis du quotidien me paraissent insignifiants face à ce monde qui court à sa perte et redouble d’effort pour s’autodétruire. C’est épuisant. Ce masque était une protection et je suis en réalité aujourd’hui à nu et dois me reconstruire sur de nouvelles bases. J’ai le sentiment d’avoir fait semblant toute ces années et d’avoir ouvert les yeux. Je n’ai pas envie de revenir à une vie normale comme tout le monde semble avoir envie de le faire.


" Dans une société où être, tout du moins paraître, devient la norme, disparaître devient l’essence de la liberté véritable. "

Alors que j’ai toute ma vie cherché à devenir quelqu’un, je n’ai qu’une envie aujourd’hui, disparaître. Ce qui est certain c’est que j’ai envie d’un changement profond. De belles personnes m’inspirent, des êtres humains qui ont mis de coté leurs objectifs personnels en se mettant au service d’une cause plus grande.


Comment faire ?


Je crois que le plus simple est de s’écouter. La formule paraît simple, mais c’est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Abandonner une vie, un mode de vie pour suivre son rêve, son idée, être en phase avec soi, avec ce que l’on pense, ce que l’on ressent s'avère très difficile.

J’ai entamé ce processus il y a déjà quelques mois en reprenant des études et en me consacrant exclusivement à la création artistique. Mais aujourd’hui je dois aller plus loin.


J’ai besoin d’écrire. D’écrire des films bien sûr, mais aussi d’écrire sur la vie.

Ce site a été une ouverture à cela, et vos encouragements, vos retours positifs m’ont donné envie de continuer, mais via d’autres supports. Je ne pense pas avoir un talent en particulier, pas plus qu’un autre en tout cas, mais j’aime écrire. C’est un des rares moment où ma pensée se structure. C’est un des rares instants où je me sens libre.

Les mots demandent si peu et peuvent être si puissants.


Un des moments où je me sens le mieux c’est assis à mon bureau, face à mon ordinateur et à cette page blanche. Cette même page blanche qui m'accompagne dans le dessin depuis l’enfance, comme une ouverture sur le monde, un monde où tout est possible, où l’on peut tout créer, par le dessin ou par l’écrit. Un fond de musique, le soleil entrant par la baie vitrée avec un léger vent frais et mon esprit s'apaise.


Pour écrire davantage et plus sereinement, j’ai attaqué le ménage dans ma vie pour la simplifier depuis plusieurs mois. Car malheureusement on repart rarement de zéro. C’est un processus nécessaire, difficile mais indispensable. Simplifier sa vie, épurer ce qui avait besoin de l’être, se mettre à jour, avec un seul objectif, apaiser son esprit au maximum. Guérir ses blessures fait aussi partie de ce processus. Car on ne peut être libre quand nos schémas nous retiennent encore en otage, guidant nos gestes, nos actions, et nos réactions. Encore une fois c’est un travail titanesque mais passionnant et réellement libérateur. Chaque jour j’apprends. Je fais des erreurs, je les corrige, je grandis.


Peu sont capables de savoir ce qui va advenir dans les mois et les années qui viennent. Mais cette liberté d’esprit est à mon sens une des valeurs les plus précieuses à développer et à conserver.

Je me suis demandé de quoi aurions-nous besoins si demain nous perdions tout.

Et je me suis rendu compte que mon esprit était l’objet le plus précieux en ma possession. Le plaisir, le bonheur, l’amour sont composés par mon esprit. Il rappelle à mon bon souvenir les visages et les sourires des personnes que j’aime. Il me permet de m’évader, de créer, d’être inventif. Je ferme les yeux et me voilà ailleurs, deux ans ou dix ans en arrière si cela me chante. S’il crée mes peurs, il crée aussi l’amour. Il conserve pour moi les pensées et idées, mais aussi les citations ou textes dont j’ai besoin parfois pour m’élever. Il sera toujours là pour moi et pour créer avec moi cette idée du bonheur. Cet esprit qui me torture parfois est mon allié le plus précieux et il est capable de créer la vie que je souhaite.


Perdre l’esprit c’est tout perdre.


Alors plus que jamais j’ai envie d’être en phase avec cet esprit, de prendre soin de lui, de le comprendre et de l’écouter.


J’ai décidé d’être encore davantage moi-même et aujourd’hui ma présence sur les réseau sociaux ne me convient plus. J’ai envie de plus de liberté et j’ai parfois le sentiment d’être esclave de sites comme Facebook et Instagram. Depuis de nombreuses années j’ai le sentiment qu’ils ne me tirent pas vers le haut. Ce que j’y vois, mais aussi les raisons pour lesquelles j’y suis ne me conviennent plus. C’est un choix difficile car j’y ai aussi rencontré des personnes formidables, mais c’est aujourd’hui trop loin de moi. Ces dernières années m’ont aussi prouvé que les plus belles rencontres se font en dehors des réseaux. Que la vie est réellement plus agréable avec moins de filtres, moins de masques, plus de « défauts », mais aussi que ces réseaux ont aussi une influence malsaine sur nos vies, sur ma vie. Je souris toujours avec ironie quand Instagram m’invite à regarder des « réels », qui sont souvent bien éloignés de la réalité.

Alors c’est vrai Instagram ou Facebook me permettent de travailler et de montrer mes œuvres, mais ils m’enlèvent aujourd’hui plus qu’ils ne m’apportent. Le prix à payer est devenu trop grand.

Ce site va lui aussi s’arrêter là. Je vais continuer à écrire, mais je vais explorer d’autres pistes.

Je vous remercie tous d’avoir parcouru ces quelques articles durant ces quelques mois.

Vos messages et vos retours m’ont souvent touché et m’ont donné un réel plaisir dans ce partage d’expérience. Je me suis découvert une réelle passion pour l’écriture, mais je dois aujourd’hui canaliser cette énergie pour un projet plus important. J’ai aussi besoin de plus d’anonymat pour aller plus loin sur certains sujets. Non par peur, ni pour cacher certaines choses, mais juste pour être plus libre d’exprimer certains sentiments. Il faut aussi dire que la plupart ont découvert ce site parce qu’ils me connaissent, même s’ils m’ont peut être découvert un peu plus ici j’imagine. J’ai besoin je crois pour écrire plus librement de disparaître.

Peut-être que le fait de connaître certain de mes lecteurs peut influencer ce que j’écris parfois, même si je me livre de façon assez libre ici, j’ai besoin encore de davantage de liberté.

Ce fut une belle expérience et le site restera en ligne si vous souhaitez relire quelques articles.

Je travaille à l’écriture d’un roman initiatique, mais aussi et surtout à l’écriture d’un scénario. Peut-être aurez-vous l’occasion bientôt de découvrir ce travail et d’y retrouver je l’espère un style qui vous plaît.

Cette période étrange et spéciale générera de jolies choses quoi qu’il arrive. Pour cela nous avons la chance de la vivre.

Un grand merci à vous tous et beaucoup de bonheur pour vous.

Papa Mia


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